À table!

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Chez les Mamour, la bouffe, c’est sacré.
Et depuis quelques temps, on n’arrête pas les expériences culinaires.

Je suis végétarienne depuis  presque quatre mois, le Zébie est allergique aux protéines de lait de vache.
 Ici, on n’est donc pas végétalien, mais presque.

Mon végétarisme étant récent, je n’ai pas voulu l’imposer aux enfants, ni à Chouchou. Je ne juge pas ceux qui élèvent leurs enfants selon leurs valeurs, je pense qu’en élevant nos enfants, on leur impose fatalement notre façon de voir les choses et certains de nos principes ou habitudes.

Si je l’avais été avant de devenir mère, la question aurait été différente. Mais là, c’est une démarche personnelle que j’ai choisi de ne pas imposer à mon entourage.

Etant donné que c’est moi qui prépare les menus, fais les courses et la cuisine, tout le monde mange végé la semaine. Hors de question pour moi de cuisiner de la viande ou du  poisson.
Mais s’ils veulent agrémenter leur plat de charcuterie ou d’un morceau de viande, libre à eux. Le week end, Chouchou dégaine le barbecue et s’en donne à cœur joie, les enfants se régalent.

On parle beaucoup de mon nouveau régime alimentaire avec Kiki, je lui en expose les raisons sans trop m’attarder, et j’aime plus que tout l’entendre me dire que quand il sera grand, lui aussi, il sera végétarien pour ne pas tuer des animaux.
« Mais cette vache-là, il faut la manger, hein, vu qu’elle est déjà morte !! » dit-il en enfournant son morceau de bavette …

Contrairement à la définition du végétarien, je ne consomme plus d’œufs.
La question s’est posée quand j’ai décidé d’arrêter la viande. Pour moi, un œuf, c’était un poussin en devenir. Il me semblait donc incohérent d’en manger.
S’en est alors suivi un débat sur les œufs non fécondés, qui m’a fait douter. Et je suis tombée sur un article qui parlait du traitement des poules. Naïvement, je pensais depuis des années bien faire en achetant des oeufs estampillés « BIO » et prétendument élevées en plein air. Dans ta face.
Je pensais vraiment que ces œufs là venaient de poule qui vivaient comme sur la photo de la boîte ….
Ecoeurée, j’ai cessé d’en acheter.

Une de nos voisines a des poules, et donc des œufs, et à la rentrée, je lui en achèterai avec plaisir. Je ne pense pas que j’en mangerai, mais je n’aurai pas de problème moral à les cuisiner pour mes hommes. Ses poules à elle sont comme celles de la boîte, mais en mieux.

Je ne suis donc pas (encore) végétalienne, mais mon végétarisme a de forts accents de végétalisme, étant donné l’intolérance aux Protéines de Lait de Vache du Zébie.

Tous mes desserts, pâtisseries, goûters et glaces sont vegan, pour qu’il puisse lui aussi en profiter. En revanche, il m’arrive encore d’ajouter du fromage de chèvre dans certains plats, ou de me taper une overdose de fromage de brebis pour ma « petite » collation du soir.

Je ne fais pas dans le prosélytisme, donc je ne développerai pas les raisons qui m’ont poussée dans cette voie, mais pour faire bref, disons qu’il s’agit d’une prise de conscience amorcée depuis des années, il m’aura fallu tout ce temps pour que ça fasse son chemin en moi, pour que je sois prête à assumer. Et il faut croire que j’ai bien fait puisque je n’ai aucun doute ni regret depuis bientôt quatre mois.

Pour les produits laitiers, au-delà de l’allergie du Zébie et de ma propre intolérance j’envisage de les supprimer aussi à moyen terme … C’est le souci quand on commence à ouvrir les yeux, on constate des choses atroces qui nous font remettre en question tout notre système de valeurs, d’habitudes, tout notre quotidien.
Nous vivons en Savoie, pays des patates, du fromage et du lard … J’aime le fromage presque autant que j’aimais la viande. Mais quand j’ai appris que pour faire ce délicieux fromage, il fallait séparer les veaux de leur mère afin de leur prendre leur lait, et que les veaux en question étaient envoyés à l’abattoir, que les vaches étaient inséminées encore et encore jusqu’à ce qu’elles ne soient plus bonnes qu’à crever … Comment vous dire que ça m’a laissé un arrière goût bien désagréable … Comme si j’avais mangé un clacos après des tomates, pour vous donner une idée.

J’y pense de plus en plus, et je sais que j’y viendrais.

 Le côté positif de ce nouveau régime alimentaire, c’est que je m’éclate plus que jamais derrière mes fourneaux. J’ai découvert de nouveaux aliments, de nouvelles saveurs, et virer la viande m’a tout naturellement et sans que je ne m’en aperçoive orientée vers une alimentation plus saine. Exit les brioches achetées à la boulangerie sur le chemin du boulot. Exit les pauses Kit-Kat/Bounty/Twix à 16h.

Je trouve dommage de n’avoir pas fait tout ça quand j’étais encore omnivore, mais je me console en me disant : mieux vaut tard que jamais.

 Au final, je me sens nettement mieux qu’avant, plus légère, je ne suis plus anémiée, je n’ai plus de souci de digestion, et même la balance m’est reconnaissante, tout le monde est heureux !

Bref, tout ce blabla pour amorcer cette rubrique, et vous prévenir qu’il n’y aura pas d’animal mort dans mes recettes.
Pas de lait animal non plus.
Mai du goût, beaucoup.
De l’originalité, un peu.
Du plaisir, énormément.

 

 

Le poids des mots, le choc des photos.

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Quand l’Homme me dit que c’est (encore) mon tour de monter voir le Zébie qui hurle.

Quand la mochemère a passé la journée à la maison.

Quand une salope copine me dit que son fils fait des nuits complètes.

Quand je pars bosser. De septembre à juin.

Quand j’ai décidé de ne pas grignoter de la journée

Quand on me dit que je suis vulgaire.

Quand on me dit que mon lait n’est plus assez nourrissant pour mon fils.

Quand j’ai pissé sur le bâtonnet il y a six ans. Rassure -toi j’ai changé d’avis depuis. Hum.

Quand j’ai arrêté d’allaiter mon fils la nuit.

Quand on me reloute sur ma façon d’élever mes enfants.

Quand ma mère me dit qu’elle va prendre le Zébie en vacances.

Quand vous faites tourner un de mes articles.

Bienvenue chez les Mamou – Episode 2

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Dans la famille Mamour, je voudrais :

– le père, communément appelé Chouchou, vestige croquignolesque de la période où l’on pouvait faire du sexe à toute heure, et où j’avais prétentieusement une petite file de soupirants qui faisaient la queue sous me fenêtre (sans aucun jeu de mot, évidemment).
Chouchou, donc, c’est celui qui ramait moins que les autres pour avoir mes faveurs, quoi.

7 ans plus tard, j’ai une (toute) petite file de gnomes qui écrit au marqueur sur la porte des chiottes où je me suis lâchement enfermée. Et je soupire.

Le Chouchou est un être assez mystérieux, aussi peu causant qu’une huître muette (copyright Guégogui), biérophile et bricoleur. Rescapé d’une jeunesse rebelle ascendant keupon, c’est aujourd’hui un père de famille respectable. Mais il persiste à rouler en coupé 3 portes. Faut pas abuser.

-la mère, cet être ambivalent qui rêve d’un troisième enfant et menace de se faire une ovarectomie avec son découd-vite, tout ça dans la même tranche de 15 minutes.

Pourvue d’une langue qu’on dit bien pendue, d’un décolleté asymétrique et d’une silhouette qu’on qualifiera de généreuse pour ne pas être désagréable.

Versée dans la mouvance dite du maternage proximal, elle répond à ceux qui l’accusent de céder à un effet de mode d’aller SFCLC. Mais elle assortit son écharpe de portage à sa tenue.

Elle lit Filliozat et Faber&Mazlich pour ne pas céder à l’envie d’aller perdre les gosses au fin fond de la forêt la plus proche, et leur fait des brioches pour s’excuser de ses pensées impures. Étrangement, ce genre de dilemme se pose exclusivement les mercredi, WE et vacances scolaires.

-Kiki, préadolescent de 5 ans, fan des Cowboys Fringuants, de Nirvana et de RATM, diplômé en LOLILOLAGE. Il est aussi peaudupouletophile.
Pipelette invétérée, donneur de leçon à ses heures perdues et conseiller ès vernis à ongles.

-Zébie, petit tourbillon de 14 mois, squatteur décomplexé du dos de sa mère, et de ses nichons. Est un peu contre le fait de dormir des nuits entière sans faire chier le monde faire de pause. Mais il peaufine sa réflexion sur le sujet.
Pourvu de 10 dents, qui nous auront valu chacune environ un mois de calvaire, il bouffe tout ce qu’il trouve, bouffe encore et encore. Mais persiste à squatter le bas de la courbe de poids. Inutile de préciser que cet enfant a été adopté.

-les chats : partie intégrante de la famille, ils ont adopté les Mamour quand ces derniers ont pris possession de la maison.
Au départ il y avait LaMère et ses deux petits KunOeil et Deuzieux. LaMère, prenant la maison pour un centre d’hébergement pour filles-mère, se pointe pour bouffer à chaque fois qu’elle est en cloque, nous dépose ses petits et se barre. Cette année a donc vu la famille s’agrandir avec l’arrivée de Rototo et TroisCouleurs. Depuis peu LeRoux rôde dans les parages. La rumeur dit qu’il serait le père des deux petits derniers. Il y a donc fort à parier que LaMère vienne prochainement nous poser un nouveau colis.

Va falloir réfléchir aux prénoms, on ne voudrait pas qu’ils aient honte.

Vis ma vie

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Quand Kiki me dit « je te jure que même si je ne fais pas la sieste, je vais être calme »

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Quand je fais le pont. Seule.

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Quand mon mec m’appelle pour me dire qu’il rentrera plus tard du boulot. Un mercredi, bien sûr.

Quand je sors de réunion ou de déjeuner avec la mochemère. (ne rayez pas la mention inutile, il n’y en a pas).

Quand je m’apprête à écrire un nouveau billet

Quand une ado me dit que « haaaaan je veux trop avoir des bébééééééééés »

Quand je peux m’habiller sans avoir à résoudre une équation de 4° type incluant nichon/bébé fugueur/portage

Quand on (pas forcément la mochemère, hein) (pas forcément ….) me dit que je fais n’importe quoi avec mes gosses

Quand je me rends compte que ça fait quatre heures que je joue à Bubble World

Quand j’ai invité la mochemère à déjeuner à la maison.

Quand j’attendais ma Soyabella.

Quand, en barbec avec des amis, on se rend compte qu’on a pu enchainer au moins trois phrases sans être interrompus.

Quand Chouchou n’est pas au mieux de sa forme …. (coucou chéri)

18 mois

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30 décembre 2011, 9h50

Ton tout premier regard

Je suis allongée dans le canapé, tu es lové contre moi, petite boule toute chaude qui sent bon le bébé. Je ne peux m’empêcher de pleurer à chaque fois que je pose les yeux sur toi…
Tu es sorti de moi il y a un peu plus de 3h30, et nous sommes déjà rentrés à la maison, ton frère est assis à mes côtés et te regarde avec autant d’amour que de curiosité.

Quand il s’est couché hier soir, j’ai dû jouer les contorsionnistes pour lui faire son bisou du soir. Et ce matin, il finissait son petit déj quand il nous a vus débarquer tous les trois. Ses yeux se sont agrandis, il a suspendu son geste, la bouche grande ouverte. Un moment de flottement. Son cri de joie, sa ruade dans mes bras, ses larmes dans mon cou.

Le temps de se remettre de ces émotions, et il faut tout lui expliquer, comment tu es sorti de mon ventre, si j’ai eu mal, ce que faisait Papa pendant ce temps, etc.

« Et l’autre bébé, il vient quand?

-Ah non, chéri, il n’y a pas d’autre bébé !

-Ben pourquoi ton ventre est encore si gros alors?? »

O_O (le tact, cette qualité dont les hommes de ma vie ne semblent pas avoir été équipés, de père en fils)

Je vous regarde tous les deux et je vous aime si fort que ça me submerge, me file le tournis.
Je me sens enfin complète. Maman au carré, voilà ce que j’étais. Mais tu manquais à cette équation. Et grâce à toi, c’est fait.
Je suis votre maman, vous avez fait de moi une maman. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.
Mais quand même … est-ce que je vais m’en sortir? Tu es si petit, tu auras tant besoin de moi! Comment gérer ma relation avec ton frère dans tout ça? Comment ne léser personne? Va-t-il être jaloux? Et si tu pleures et que je ne sais pas pourquoi? Et si tu tousses, c’est grave? Si tu tètes beaucoup, c’est normal? Et si tu tètes moins, c’est normal? C’est quoi cette petite plaque sur ta cuisse, là?? Mince, je te regarde comme une abrutie émerveillée, et ton frère me regarde te regarder. Que se dit-il? Est-il triste? jaloux? Se sent-il dépossédé? Mis à part? Comment va-t-on gérer le fait que tu dormes avec nous et lui dans sa chambre? Et comment ne pas l’accabler de « Attends, je m’occupe de ton frère! »?

Merde, je suis maman au carré !!!!!!!!!!

30 juin 2013, 9h50

My everything

Installée derrière le PC, je sens ton souffle dans mon cou. Tu dors dans mon dos, comme tous les week end. C’est notre petit moment de plaisir, tu te reposes, et je profite de toi.
Ton frère s’offre le luxe d’une grasse mat’ bien méritée. Autant dire que tu étais aussi heureux que perdu ce matin, seul avec moi. Tu as pu jouer avec ses livres sans te faire enguirlander, tu avais le trotteur pour toi tout seul, ta maman aussi, que tu venais embrasser toutes les 5 minutes entre 2 conneries. Tu as aussi passé un temps fou en bas de l’escalier à hurler « Yayaaaa!! » pour qu’il descende. Tu as entrepris son ascension, la serviette de table de ton frère à la main, pour la lui amener. Tu te retournais au moindre bruit pour voir s’il arrivait.
Et quand il descendra en fin et voudra t’embrasser, tu le repousseras en criant.

Aujourd’hui, tu as 18 mois.
18 mois, 547 jours, un peu plus de 13 140 heures ….
Un nombre incalculé de tétées. Des heures interminables à essayer de t’endormir.

Des moments miraculeux où seul ton frère arrive à t’apaiser.

Des petites voitures lancées. Des cris poussés, des cheveux tirés, des pleurs, des bisous, des regards qui se cherchent.
Des repas qu’il t’a donnés avec patience, des biscuits qu’il a partagés, des courgettes passées miraculeusement de son assiette à la tienne, des pâtes qui ont fait le chemin inverse.

Des dessins qu’il t’a faits pour décorer le tour de ton lit, des bouts de pain mouillés que tu lui as offerts avec adoration.

Des jouets qu’il veut t’acheter chaque fois qu’on part faire les courses, des cailloux que tu lui ramènes de chacune de tes fugues dans le jardin.

Des pitreries qu’il met en oeuvre pour t’amuser, des éclats de rire que tu lui offres en retour.

Des précautions qu’il prend pour toi en me rappelant de ne pas boire de vin à table « N’oublie pas que tu vas faire téter mon frère après !!! », des caresses que tu lui fais pendant que tu tètes.

18 mois de fraternité, 18 mois de double maternité.

Bordel, je suis maman au carré !

What else?

Adieu

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Tu as rejoint les anges cette nuit, passant du sommeil à l’éternité. Je me plais à croire que tu n’as pas souffert.
Cette saloperie de crabe te tient compagnie depuis si longtemps qu’on aurait pu l’oublier.
Mais le crabe est une pute, c’est bien connu.

Depuis plusieurs mois, il a pris le pas sur toi, il a pris le dessus sur ton quotidien, sur votre vie, sur notre histoire.

Je voudrais hurler à l’injustice, crier que la vie elle aussi est une pute, que tu es parti trop tôt.
Mais tu étais âgé, malade, et l’issue était inévitable.
Je ne peux même pas me raccrocher à ça pour asseoir mon chagrin.

Je ne pleure pas mon avenir sans toi, parce que la vie est ainsi faite qu’on est toujours plus ou moins préparé à perdre nos anciens. Les grands parents ne sont pas faits pour nous survivre, c’est dans la logique des choses. La vie, la mort.
Aujourd’hui, je pleure mon passé, mes souvenirs d’enfant.
Tu pars et c’est mon passé qui s’effondre.
Tu pars et j’ai peur de perdre ceux qui sont encore là.
Tu pars et je pleure pour TiMémé qui va devoir continuer cette route sans toi.
Je pleure parce que la mort des proches nous renvoie toujours aux cruelles banalités : la vie est trop courte, on ne vit qu’une fois, on est si peu de choses, blablabla. Blablabla, oui. Et merde.

Merde, parce que c’est trop vrai.
Aucun de nous n’est immortel, et on vit pourtant comme si on l’était. On repousse au lendemain, on reporte, on se fait la guerre, on se chamaille pour un pot de confiture mal refermé, pour une chaussette orpheline, pour une couche mal attachée, dix minutes de retard, un goûter pas assez équilibré… Alors qu’on devrait bénir chaque jour de se réveiller aux côtés de la personne qu’on aime, de devoir se relever 5 fois pour border le petit dernier, répéter encore et encore à l’aîné, alors qu’on devrait être reconnaissant que l’être aimé rentre chaque soir à la maison, alors qu’on devrait fêter la vie, tout simplement.

Oui, c’est un gros cliché. Mais il est si vrai. Il me parle tant.

Je ne sais pas grand chose de ta vie à toi, de ta vie d’homme, de ta vie de père.
Je voudrais te rendre hommage mais je ne sais quoi dire.
Je ne connais de toi que ces vacances au camping, où TiMémé nous mitonnait des plats improbables sous le auvent, que tes blagues parfois graveleuses auxquelles ont riait sans les comprendre.
Je ne connais de toi que cet amour inconditionnel que vous nous portiez à tous les quatre, sans jamais faire la moindre distinction entre les « vrais » petits enfants et les autres.
Je ne connais de toi que ces anecdotes du passé, comme la fois où tu as appris à marcher à mon frère sur une palette, celle où tu lui as appris à sauter dans les flaques en criant « Padalo ! », comme la fameuse « Caïonnette à Pépé », ou comme le titre de Barbelivien qui passait en boucle dans ta voiture et qu’on avait remasterisé pour toi, au grand désespoir de TiMémé…

Je ne connais que cette douleur qui m’habite à l’idée que tu ne seras plus là.
Je ne connais que cette peur pour elle, qui devra affronter seule cette vie que vous aviez traversée main dans la main, elle qui a été ta femme, la mère de ton fils, ton infirmière, ton bras valide, ton pilier, ton soutien.

Je ne sais pas en revanche où les anges que tu as suivis t’ont amené. J’espère juste que tu es bien.
J’espère que dans ton dernier sommeil, si tu as vu ta vie défiler comme on le prétend, tu as aimé ce que tu as vu.
Sache que tu survivras dans mes souvenirs, et que je veillerai à les raviver encore et toujours. Que mon petit dernier, comme son grand frère, apprendra lui aussi à sauter dans les flaques en criant « Padalo ».
Et que même si je n’ai jamais pris le temps de te le présenter, parce que le quotidien, parce que la vie, parce que le manque de temps, parce que merde, parce que je regrette, parce que je m’en veux, il entendra parler de toi au même titre que de ses trois autres grands pères.

Je t’aime. Je ne suis pas de ton sang, mais tu es de mon coeur.
Et même si mes oreilles doivent saigner, j’écouterai Didier Barbelivien en pensant à toi ce soir.
Adieu TiPépé, et bonne route. Que les anges te gardent.

Tu seras une mère

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Si tu peux voir détruites tes heures de ménage
Et sans noyer personne t’y remettre encore et encore,
Ou perdre chaque mois le gain de ton labeur en frais de couches, de garde, et autre joyeusetés,
Sans céder à l’ovariectomie maison;

Si tu peux être amante après avoir nettoyé du vomi,
Si tu peux être forte sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant incomprise sans jamais cesser de comprendre,
Pourtant chérir et soutenir toujours ;

Si tu peux supporter de parler dans le vide,
Répétant mille fois les mêmes choses en vain,
Et t’entendre dire que tu es « vraiment, mais vraiment trop énervante »
Sans jamais laisser sortir les douceurs qui se bousculent à tes lèvres;

Si tu peux rester digne avec de la purée dans les cheveux,
Si tu peux être belle avec des cernes jusqu’au milieu des joues,
Et si tu peux regarder Tchoupi un dimanche pluvieux
Sans jeter ta télé par la fenêtre;

Si tu sais écouter ce qui n’est pas dit
Sans jamais te cacher derrière le silence,
Inventer des histoires pour faire rêver tes rêveurs,
Panser les bobos et guérir les chagrins sans jamais les nier ;

Si tu peux être dure parfois tout en étant juste toujours,
Si tu peux affronter les éléments pour sauver Buzz l’éclair oublié dans la pelouse,
Si tu sais être douce et ferme,
Sans être ni maître ni tyran,

Si tu peux rencontrer Boulot après NuitBlanche,
Et ne jamais refuser un câlin,
Si tu peux conserver ton humour
En sortant une couche pleine de ton sac à main,

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras une mère comme les autres.

Libre interprétation de Tu seras un Homme, mon fils de Rudyard Kipling

 

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